BIENNALE8
OTTIGNIES-LOUVAIN-LA-NEUVE
18 SEPT - 17 NOV 2013

UNE_EXPOSITION_UNIVERSELLE
(SECTION_DOCUMENTAIRE)
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Accueil du site / HackeD By Matrix Dz / LES PAVILLONS / Grand Rue -3 à Louvain-la-Neuve
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  • Vue d’ensemble

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  • Pavillon des flux invisibles 

    Le monde s’est mué en un foyer actif de nouveaux virus. Virus biologiques se propageant à vitesse accélérée via la multiplication des échanges. Virus informatiques comme armes dématérialisées de destruction massive. Virus économiques et financiers créant faillites en cascade et précarité instantanée. Dans tous les cas, mêmes sources troubles, même spontanéité, mêmes effets dévastateurs. Tout est connecté, les virus financiers (favorisés par l’informatisation des décisions) atteignent l’économie réelle, et finissent par avoir des conséquences sanitaires (suicides, maladies etc.). Comme le proclament David Stuckler & Sanjay Basu, "Chaque pays devrait créer une agence de la responsabilité sanitaire indépendante, composée d’épidémiologistes et d’économistes, qui serait chargée d’évaluer les effets des politiques budgétaires et monétaires sur la santé." *

    * David Stuckler & Sanjay Basu, “How Austerity kills”, New York Times, 12 mai 2013

  • Pavillon de la qualité

    La logique est simple : un produit se vendra d’autant moins qu’il dure dans le temps et n’a pas à être renouvelé. D’où le principe théorisé dès les années 1930 d’ « obsolescence programmée », qui préconise de produire des biens qui s’autodétruisent, afin de nourrir la consommation et soutenir la production. Travailler spécifiquement à faire moins bien, telle est le credo de cette nouvelle éthique industrielle, devenue normative : ampoules à durée de vie limitée, téléphones portables à renouveler tous les deux ans, imprimantes à puces programmant leur propre panne, etc. Retour d’un modèle biologique appliqué à l’ingénierie, à la différence que ces destructions programmées concernent la fonctionnalité mais pas la matérialité des objets. Un régime de l’accumulation plus du renouvellement de génération.

  • Pavillon de la connaissance

    On parle de pollution industrielle, lumineuse ou sonore, mais quid des déchets intellectuels ? Quid des recherches, théories et pensées abandonnées, des savoirs oubliés, cimetières des Humanités, du positivisme et de l’érudition ? Quid de ces masses vertigineuses de supports de la connaissance à l’heure d’Internet : échantillons et modélisations scientifiques, tableaux et cartes pédagogiques, kilomètres de pages imprimées, milliards de documents enregistrés dans des standards abandonnés ? Tous rendus un jour techniquement, scientifiquement ou idéologiquement obsolètes. Ces cadavres cognitifs, autrefois à la pointe du progrès, se meuvent en objets insolites hantant les archives du monde. Victimes muettes d’une « double peine » (qui touche leur contenu et leur matérialité), ces spectres renouvellent, de manière readymade, la tradition picturale des « Vanités ».

  • Pavillon des nouvelles masses

    Dans la lignée de la pensée d’Elias Canetti *, la masse fascine autant qu’elle terrorise par sa puissance, sa monstruosité, mais aussi sa volatilité. Elle est aujourd’hui plus que jamais l’échelle de la production industrielle, et par voie de conséquences, celle de la consommation et de ses déchets. Surproduction, surpopulation, surconsommation, accumulations démesurées de richesses et de pauvretés, le grand nombre est l’échelle de la contemporanéité mondialisée. Mais cette multitude est d’abord une condition de la vie. Comme l’explique le physicien Erwin Shrödinger, s’interrogeant sur la multiplicité à l’oeuvre dans la nature, l’incommensurable quantité d’atomes de la matière se justifie par la nécessité de diriger statistiquement le comportement d’une assemblée naturellement agitée et chaotique, afin de générer des phénomènes effectifs. Dès lors, ces masses fonctionnelles touchent au sublime, que Kant désignait comme ce qui apparaît disproportionné, ce qu’on ne peut embrasser ni du regard ni de l’entendement, et reste donc informe et terrifiant.

    * Masse und Macht / « Masse et Puissance » (1960), traduction Robert Rovini, éd. Gallimard, coll. Tel, 1966

  • Pavillon de la mémoire refoulée

    La célébration postmoderne du présent et de l’immédiat conteste les rapports de cause à effet et privilégie l’amnésie. Les débats récents sur les inégalités sociales, les identités nationales, les religions, le communautarisme ou l’immigration font emblématiquement l’impasse sur un spectre tellement énorme qu’on ne peut plus le voir. Ce trauma aux effets chroniques agit dans l’imaginaire collectif comme un caillou dans la chaussure. Scotomisation politique ou Alzheimer généralisé ? L’héritage idéologique et structurel de l’histoire coloniale, point aveugle dont les traces sont partout, continue de meurtrir de manière lancinante mais inconsciente le présent, tant que l’on refuse de l’identifier et le dévisager.

  • Pavillon des nouvelles langues

    Langage et communication suivent les évolutions des structures sociales en termes de mobilité, standardisation et bouleversements technologiques. Alors que disparaissent chaque jour des langues vernaculaires au profit de dialectes internationaux approximatifs (les « globish » à vocation commerciale), se créent de nouvelles langues à usage plus ou moins minoritaire, non plus liés à des zones géographiques mais à des champs sub-culturels qui ont transcendé les frontières. Langage SMS, leetpeak, chatspeak, langage des banlieues, codes des trafiquants, clandestins et terroristes, nouveaux argots. Deux exemples aux extrémités opposées du spectre sont présentés ici : la recherche désespérée d’un langage universel pour indiquer aux générations futures les zones d’enfouissement de déchets nucléaires et un « dialecte » de un à un, utilisant le corps et des chaussettes pour communiquer à distance entre le monde carcéral et l’extérieur. Deux simplifications radicales de la communication dans un régime de la nécessité et de l’urgence.

  • Pavillon de l’exclusion

    Nouvelle tendance industrielle : après produire pour détruire (l’obsolescence programmée), aménager pour exclure. Contraindre les corps, les empêcher, les déplacer, telles sont les stratégies de ce que l’on a coutume d’appeler le mobilier « anti-SDF », ou « anti-jeunes », ou « anti-drogués », qui se développe dans l’espace public. Accès dangereux, inconfortables ou entravés, position couchée impossible, lumière partout (éventuellement bleue pour empêcher de voir ses veines), arrosage régulier, ultrasons uniquement perceptibles aux moins de 20 ans, : autant de manières créatives de surdéterminer l’espace public et empêcher son détournement, dans une logique de sadisme social discret.

  • Pavillon des passes muraille

    A chaque bouclier sa faille, à chaque obstacle son contournement, à chaque frontière son tunnel. Face à la circonscription des territoires et au contrôle des migrations, qui privilégient la mobilité des marchandises à celles des individus, on constate de nouvelles formes de fluidités, clandestines et artisanales. Un régime général de la percée, de la fuite et du débordement incontrôlables : tout un réseau complexe et fascinant de flux invisibles aux accents héroïques, pathétiques et tragiques.

  • Pavillon de l’être et du paraître

    Les trafiquants rivalisent d’ingéniosité pour dissimuler leur marchandise, avec parfois des sophistications pour si peu de contenu qu’on pourrait y déceler sorte de fierté artisanale. Privilège de l’intelligence sur la morale, ces démarches sont quasi artistiques. Transformation de matières, illusion, dissimulation mais aussi des jeux de corruption perceptive, hérités de la tradition des fausses perspectives et du trompe-l’oeil. Unique au monde, la collection privée de « Madame Juana Marie », dont un échantillon est présenté ici, se compose de milliers d’objets à double fonction, conçu par ces ingénieurs de l’ombre. Une économie de moyens exemplaire et humble (puisque destinée à n’être jamais révélée) qui relève d’une dignité intellectuelle dans l’indigence matérielle.

  • Pavillon du commerce

    La loi de l’offre et la demande, magistrate du système libéral, s’applique aussi aux trafics de produits illégaux. Tout se vend et s’achète, particulièrement ce qui est interdit ou règlementé, donc rare. Drogues médicaments, contrefaçons, animaux, alimentation, organes, composants chimiques, matières dangereuses, déchets, minerais : des marchés mondialisés, quoique invisibles, qui profitent des bienfaits de la libéralisation et du e-commerce. Chaque catégorie de produit a son revers dans l’économie clandestine, avec codes, prix et réseaux alternatifs. Comme dans l’économie légale, ces marchés sont soumis à des tendances, en fonction des innovations scientifiques et des nouvelles perspectives commerciales. Les frontières entre légalité et illégalité s’estompent : tel produit interdit est autorisé ailleurs, tel autre licite hier est illicite aujourd’hui. Des matériaux prélevés en dehors du droit sont discrètement intégrés dans les circuits de production classiques : des branchements directs entre les profondeurs troubles et la surface du monde économique.

  • Pavillon de l’histoire naturelle

    Le trafic d’animaux est devenu le 4e marché illégal mondial, après les stupéfiants, la traite des êtres humains et les contrefaçons*. Ivoire, animaux sauvages, oiseaux rares, cornes de rhinocéros, viande, peaux et fourrures : c’est un marché en pleine expansion, mondialisé et très organisé, qui a dépassé l’échelle du braconnage de survivance. Le prix de la corne de rhinocéros a atteint la barre des 60 000 dollars le kilo, soit deux fois celui de l’or ou du platine, et a plus de valeur sur le marché noir que les diamants ou la cocaïne 1. Pour éviter les massacres, on empoisonne les cornes ou on les scie sur les bêtes vivantes, mais aussi, en prévision, on arrache celles des animaux empaillés dans les musées d’histoire naturelle. Des autocensures suscitées par le désarroi face à ces nouvelles formes de violences.

    * source : rapport WWF, « Lutte contre le trafic illégal d’espèces sauvages », 2011

  • Pavillon de la régression

    L’idéal d’un progrès linéaire des civilisations a nourri la modernité. Emancipation physique et intellectuelle, libération des mœurs, libertés individuelles, reconnaissances des différences, égalité sexuelle, furent les étapes, croyait-on, d’une course naturelle de l’histoire qu’on ne saurait stopper.

  • Pavillon de l’art

    L’art est une marchandise qui n’échappe pas aux trafics : faussaires, vols, recel, pillages, spéculations et réseaux clandestins. Le marché officiel de l’art, quant à lui, a ses zones troubles et ses pratiques obscures. Misant sur la standardisation des goûts, de nouvelles filières légales apparaissent, qui s’efforcent de mécaniser et systématiser ce qui relevait jusqu’alors du geste unique de l’artiste, brouillant les frontières entre industrie, commerce, art et artisanat. Ainsi de Dafen, village chinois spécialisé dans les copies d’œuvres d’art, qui livre via Internet des copies manuelles de chef-d’œuvres à des conditions défiant toute concurrence, dont sont issues les copies de quelques oeuvres emblématiques de l’art moderne et contemporain présentées ici.

  • Pavillon du contrôle (Le jardin zen)

    Surveillance, contrôle et protection, autrefois le privilège des systèmes autoritaires, se sont largement « démocratisés ». L’espionnage civil bénéficie de l’association de la vidéo, de l’informatique et de la localisation satellite, et d’une sorte de caution morale depuis le 11 septembre. Un empire de la vision si prégnant qu’on hésite à le qualifier de victoire sur ou du terrorisme. Face aux nouvelles peurs, les solutions individuelles et collectives se multiplient, qui utilisent artefacts et trompe l’œil. Tandis que la vidéosurveillance s’est généralisée dans les centres-villes, alarmes, caméras, micros, puces RFID, dessinent un nouvel urbanisme fondé sur un monitoring généralisé.

  • Pavillon du Darknet

    La neutralité du Net ou la neutralité du réseau est un principe fondateur d’Internet qui exclut toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau. Mais de récents développements technologiques tendent à mettre fin à cette ouverture caractéristique d’Internet. C’est aujourd’hui un grand enjeu technico-économique et socio-éthique.

  • Pavillon des catastrophes

  • Pavillon de l’alcool